Vous connaissez l’expression « faire sauter la banque » ? Elle désigne cet instant où un joueur en veine gagne tout l’argent dont dispose un casino. Mais moi, qui ne suis guère en veine en ce moment, je la prendrais volontiers au sens littéral. Alors même que je sors de cet édifice lugubre où mon chargé de compte vient de me promettre les pires ennuis si je ne comblais pas rapidement mes différents découverts, j’avoue que je verrais sans déplaisir exploser les murs épais de la vénérable institution derrière lesquels l’or repose tranquillement dans les coffres. Boum ! L’ensemble se disloquerait comme un château de cartes.
Les cartes, justement, ne m’ont guère souri depuis quelque temps. Une mauvaise passe qui ne pouvait certes pas durer, mais qui, provisoirement, avait mis mon compte dans le rouge. J’étais venu à la banque comme on tente un coup de bluff, en essayant de faire passer une minable paire de deux pour un brelan de rois. Mais le banquier était ce genre de croupiers retors, d’ailleurs plein aux as, auxquels on ne la fait pas. C’est peu de dire qu’il a rapidement lu dans mon jeu et sa redoutable perspicacité m’a obligé, en quelque sorte, à me coucher précipitamment. Je déteste ça. J’ai quitté la bâtisse en ayant les jetons, mais pas les bons, pas ceux du casino.
J’ai donc misé au hasard sur le rachat de credit. Je connaissais de vue une petite agence spécialisée et quand j’ai pénétré à l’intérieur, je me suis retrouvé devant une paire de dames, l’une rousse, l’autre brune. Dame de cœur et dame de pique. J’ai joué mon va-tout sur le cœur et me suis mis en devoir d’expliquer ma situation financière à la jolie rousse, cette fois le plus sincèrement possible. J’ai abattu mes (faibles) cartes.
Bien m’en a pris car je me suis retrouvé avec un réaménagement de budget sur mesure, qui me remettait immédiatement à flot, financièrement parlant. Le genre de main inattaquable dont on rêve en s’installant à une table de poker. Le hic, c’est qu’il fallait bien entendu que je donne un sérieux coup de frein à mes activités nocturnes de pilier de casino. Que je joue franc jeu avec mon budget, sans tricher. Pas envie de me retrouver hors-la-loi, à cheval sur un rail et enduit de goudron et de plumes.
© 2005 - 2013 - Endettement - Surendettement - Mentions legales - Legislation - Rachat crédit - Création site internet par H.D.Clic